Difficile d’ouvrir Instagram ou TikTok sans tomber sur des vidéos vantant les mérites de « l’énergie féminine » ou de « l’énergie masculine ». On nous explique qu’il faudrait reconnecter avec sa douceur pour être une « vraie femme », ou booster son côté conquérant pour être un « homme capable ».
Alors, vraie clé de compréhension ou simple tendance marketing un peu culpabilisante ?
La réponse est simple : ces notions existent depuis la nuit des temps, mais les réseaux sociaux les ont souvent déformées.
Une réalité : deux façons d’avancer dans la vie
La première erreur est de confondre ces énergies avec notre sexe ou notre genre. Une femme ne possède pas exclusivement une énergie féminine, pas plus qu’un homme ne se résume à une énergie masculine.
Cette intuition traverse d’ailleurs l’histoire :
- Une origine universelle : dès l’Antiquité, la philosophie chinoise décrivait le monde à travers le Yin (le repos, l’ombre, l’accueil, l’intériorité) et le Yang (le mouvement, la lumière, l’impulsion, l’extériorité).
- L’éclairage de la psychologie : Carl Gustav Jung a repris cette dynamique avec les concepts d’Anima et d’Animus. Selon lui, chaque individu, quel que soit son genre, porte en lui ces deux dimensions : une part tournée vers le lien, l’imaginaire et le ressenti, et une part tournée vers la direction, la logique et la confrontation au monde.
Il s’agit donc en réalité de deux modes de fonctionnement complémentaires qui coexistent en chacun de nous :
- Le côté action et structure (l’énergie dite masculine) : c’est votre capacité à trancher, fixer des règles claires, protéger votre temps, vous fixer des objectifs et aller au bout des choses. C’est le cadre rassurant d’une maison.
- Le côté écoute et lien (l’énergie dite féminine) : c’est votre capacité à faire preuve d’empathie, écouter votre intuition, ralentir le rythme quand la fatigue arrive et accueillir les émotions. C’est la vie qui circule à l’intérieur de la maison.
Nous avons tous besoin des deux au quotidien.
- Un quotidien fait uniquement de règles et d’action devient vite étouffant et épuisant.
- Un quotidien sans aucun cadre ni direction devient chaotique et angoissant.
Le piège à éviter : les étiquettes rétrogrades
Le mythe commence dès qu’on essaie de nous enfermer dans des cases :
- Faire croire à une femme qu’elle doit s’interdire de diriger, d’être ambitieuse ou de poser des limites fermes pour rester dans son « énergie féminine » est une aberration.
- Faire croire à un homme qu’il doit cacher sa vulnérabilité, ne jamais douter et toujours être un « leader » est tout aussi néfaste.
La vraie force ne consiste pas à choisir un camp, mais à savoir mobiliser le bon réflexe au bon moment :
- Poser un « non » clair quand on empiète sur votre temps, c’est utiliser votre force de décision.
- Prendre le temps de faire un câlin à son enfant avant de lui expliquer une consigne, c’est utiliser votre force d’écoute.
Trouver son propre équilibre
L’énergie féminine et l’énergie masculine ne sont ni magiques ni réservées à un genre. Ce sont simplement deux outils d’une même boîte à outils.
Être pleinement soi, c’est refuser de s’amputer d’une partie de sa personnalité. C’est être capable d’une immense douceur envers ses proches, tout en conservant une autorité naturelle et une détermination à toute épreuve pour avancer dans la vie.
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